Alexandra Paré (doctorat individualisé en architecture) est lauréate du concours 2018-2019 de la Bourse d’excellence Daniel Arbour et associés qui promeut l’innovation et les nouvelles approches en aménagement en soulignant la compétence d’un étudiant inscrit dans un programme aux études supérieurs de la Faculté de l’aménagement (20 000 $).

Au cours d’une cérémonie qui a eu lieu le 23 avril, Lucie Palombi s’est vu remettre la toute première bourse Geneviève-Bazin, créée pour honorer la mémoire de celle qui a mis sur pied ce qui allait devenir la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales (BLRCS) de l’Université de Montréal. Étudiante du doctorat individualisé à l’École d’architecture de l’UdeM, Mme Palombi a reçu cette bourse de 2000 $ en raison de l’importance qu’occupent les documents de la BLRCS dans son projet de recherche de même que pour la qualité de son parcours de formation.

Ce chapitre résume le modèle théorique élaboré par Jean-Pierre Chupin pour catégoriser les thèses de doctorat (et les théories) dans le domaine de l’architecture.

UN COMPAS DES THÉORIES DANS L’OCÉAN DOCTORAL EN ARCHITECTURE  

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L’Architecture
Entre pratique et connaissance scientifique

Sous la direction de Jean-Louis Cohen
Coll. Recherche & Architecture
Editions du Patrimoine
2018
16,5 × 24,5 cm – 176 pages – 68 illustrations

Ce volume inaugure la nouvelle collection « Recherche & Architecture » soutenue par la Direction générale des Patrimoines (Service de l’architecture) du ministère de la Culture.

La bourse facultaire « Intelligence Artificielle », d’un montant de 2000$CAD, a été allouée pour soutenir un projet de recherche doctorale intitulé « Représentation et simulation des qualités du projet d’architecture au prisme des systèmes de modélisation des données du bâtiment. » Ce projet se propose de déterminer, à travers une série d’analyses comparatives de différents modèles scientifiques, la part de la modélisation numérique du projet d’architecture dans l’appréciation de la qualité architecturale lors de sa conception. Cette recherche s’inscrit dans les volets « Connaissance », « Responsabilité », « Autonomie » et « Bien-être » de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle en favorisant la transparence des algorithmes de conception et des processus d’analyse des modélisations numérique, désormais largement démocratisé dans la pratique professionnelle.

La Bourse de recherche Mitacs Globalink fournit 6 000 $ au Canada pour réaliser des projets de recherche de 12 à 24 semaines dans des universités à l’étranger. La bourse a été allouée pour soutenir le projet intitulé « The Skyscraper : a viewing instrument for the metropolis ». L’enquête sur les gratte-ciels de Shanghai est particulièrement pertinente dans le cadre de cette thèse, tant en ce qui concerne le nombre de belvédères situés dans cette ville que pour leur conception et leur fonctionnement. Outre le développement de la thèse, le séjour de recherche générera des publications et soutiendra le développement d’une collaboration sur les immeubles de grande hauteur entre l’université Jiao Tong et l’UdeM.

Aurélien Catros est architecte HMONP diplômé de l’École d’Architecture de Lyon.
Il travaille d’abord aux côtés d’architectes du patrimoine, en France, avant d’entreprendre une thèse de doctorat à l’Université de Montréal sous la direction de Jean-Pierre Chupin et Bechara Helal.

Titre du projet de thèse : « Transferts réciproques entre maquettes physiques et modèles numériques dans le projet d’architecture »

À l’instar de leurs homologues analogiques, les modélisations numériques contemporaines influencent l’appréciation des projets par les architectes tout au long du processus de conception. Ces objets théoriques singuliers suscitent nombre d’analyses critiques mais sont rarement théorisés conjointement aux maquettes analogiques bien que ces modèles soient régulièrement utilisés de concert. Sur le plan ontologique, ces productions sont dissemblables : que ce soit en termes de supports (de quoi le modèle est-il fait ?), d’objectifs (quel est le but du modèle ?) et de temporalités (est-ce un modèle statique ou dynamique ?). Les transferts réciproques entre les différents supports se diversifiant, les productions de part et d’autre de ces opérations admettent potentiellement de nouveaux usages et donc critères d’évaluation. Du point de vue théorique, il apparaît aujourd’hui indispensable d’interroger les facteurs mis en crise lors des transferts entre ces différents supports puisque ces critères participeront réciproquement à définir la qualité architecturale. Comment les modélisations numériques contribuent-elles à redéfinir les critères d’évaluation du projet d’architecture avec ou à l’encontre des maquettes analogiques ?

Cette recherche traite conjointement des modèles analogiques et numériques comme instruments de représentation et de simulation du projet d’architecture. Nous proposons de : 1) Compléter et actualiser les catégorisations existantes des modélisations en architecture pour situer ces productions au sein de la théorie générale des modèles, 2) Comparer les différents modèles numériques à leurs «équivalents» analogiques supposés d’après la catégorisation proposée pour comprendre modalités de transferts entre eux au sein de la pratique contemporaine, 3) Identifier les biais et potentiels des usages conjoints et disjoints de ces modélisations à travers leurs interactions afin d’améliorer et d’optimiser leurs utilisations respectives par les concepteurs.

Notre cadre théorique se fonde sur des catégorisations générales des modèles qui ont déjà fait l’objet de tentatives d’adaptation aux maquettes analogiques et numériques en architecture. Cette catégorisation constituera la grille d’analyse qui nous permettra d’étudier les itérations successives des modélisations de différents projets. Considérant que ces itérations permettent l’évaluation du projet par l’architecte et donc son évolution, notre approche méthodologique s’inscrit dans le comparatisme qualitatif et théorique proposée par l’analyse comparative quali-quantitative (qualitative Comparative Analysis – QCA). Nous identifierons les similitudes et différences entre les maquettes d’étude successives pour identifier la manière dont les caractéristiques de ces modèles (supports, objectifs, temporalités) influencent la modification du projet et la création du modèle suivant.  Nous chercherons en particulier à isoler différents facteurs d’évaluation de la qualité des modélisations d’architecture qui se révéleraient – le cas échéant – spécifiques à la conception du projet à l’ère numérique.

Aurélien Catros est architecte HMONP diplômé de l’École d’Architecture de Lyon.
Il travaille d’abord aux côtés d’architectes du patrimoine, en France, avant d’entreprendre une thèse de doctorat à l’Université de Montréal sous la direction de Jean-Pierre Chupin et Bechara Helal.

Titre du projet de thèse : « Transferts réciproques entre maquettes physiques et modèles numériques dans le projet d’architecture »

À l’instar de leurs homologues analogiques, les modélisations numériques contemporaines influencent l’appréciation des projets par les architectes tout au long du processus de conception. Ces objets théoriques singuliers suscitent nombre d’analyses critiques mais sont rarement théorisés conjointement aux maquettes analogiques bien que ces modèles soient régulièrement utilisés de concert. Sur le plan ontologique, ces productions sont dissemblables : que ce soit en termes de supports (de quoi le modèle est-il fait ?), d’objectifs (quel est le but du modèle ?) et de temporalités (est-ce un modèle statique ou dynamique ?). Les transferts réciproques entre les différents supports se diversifiant, les productions de part et d’autre de ces opérations admettent potentiellement de nouveaux usages et donc critères d’évaluation. Du point de vue théorique, il apparaît aujourd’hui indispensable d’interroger les facteurs mis en crise lors des transferts entre ces différents supports puisque ces critères participeront réciproquement à définir la qualité architecturale. Comment les modélisations numériques contribuent-elles à redéfinir les critères d’évaluation du projet d’architecture avec ou à l’encontre des maquettes analogiques ?

Cette recherche traite conjointement des modèles analogiques et numériques comme instruments de représentation et de simulation du projet d’architecture. Nous proposons de : 1) Compléter et actualiser les catégorisations existantes des modélisations en architecture pour situer ces productions au sein de la théorie générale des modèles, 2) Comparer les différents modèles numériques à leurs «équivalents» analogiques supposés d’après la catégorisation proposée pour comprendre modalités de transferts entre eux au sein de la pratique contemporaine, 3) Identifier les biais et potentiels des usages conjoints et disjoints de ces modélisations à travers leurs interactions afin d’améliorer et d’optimiser leurs utilisations respectives par les concepteurs.

Notre cadre théorique se fonde sur des catégorisations générales des modèles qui ont déjà fait l’objet de tentatives d’adaptation aux maquettes analogiques et numériques en architecture. Cette catégorisation constituera la grille d’analyse qui nous permettra d’étudier les itérations successives des modélisations de différents projets. Considérant que ces itérations permettent l’évaluation du projet par l’architecte et donc son évolution, notre approche méthodologique s’inscrit dans le comparatisme qualitatif et théorique proposée par l’analyse comparative quali-quantitative (qualitative Comparative Analysis – QCA). Nous identifierons les similitudes et différences entre les maquettes d’étude successives pour identifier la manière dont les caractéristiques de ces modèles (supports, objectifs, temporalités) influencent la modification du projet et la création du modèle suivant.  Nous chercherons en particulier à isoler différents facteurs d’évaluation de la qualité des modélisations d’architecture qui se révéleraient – le cas échéant – spécifiques à la conception du projet à l’ère numérique.

Lucie Palombi est architecte diplômée de l’École d’Architecture de Versailles (France).

Projet doctoral : Textualité et projet en architecture

Approche herméneutique et comparative de l’écrit en situation de concours

Au croisement de deux disciplines apparemment disjointes – l’architecture et l’écriture – repose la textualité. Si le texte peut sembler secondaire par rapport aux pratiques du dessin et du modèle, des écrits rédigés par des architectes nous sont parvenus depuis la plus haute Antiquité. Certains d’entre eux sont même devenus des monuments littéraires : De l’architecture (Vitruve, 15 avant J.-C.), L’art d’édifier (Leon Battista Alberti, 1485), L’architecture considérée sous les rapports de l’art, des mœurs et de la législation (Claude-Nicolas Ledoux, 1804), ou encore Vers une architecture (Le Corbusier, 1923)  – l’un des livres les plus lus du XXème siècle -, autant d’ouvrages publiés par de grands éditeurs de littérature. La discipline architecturale connaît une production livresque considérable entre traités, manifestes, monographies, textes de présentation de projets, romans et autobiographies. Il existe même des prix qui soulignent l’excellence des ouvrages d’architecture : le Grand Prix du Livre de la ville de Briey, le Prix du livre de l’Académie d’Architecture, le Prix Alice Davis Hitchcock, ou encore le Prix DAM (Deutsches Architecktur Museum). La textualité architecturale est doublement en concours : parfois, le texte accompagne le projet d’architecture en situation de concours ; d’autres fois, la textualité est l’objet même du concours.

Dans cette thèse, nous cherchons à comprendre la nature de la textualité en architecture, ou, plus précisément, les attributs des écrits rédigés par des architectes – dont le rôle premier est apparemment de concevoir des bâtiments avec le dessin – ou l’image – comme outil privilégié. Qu’est-ce qui caractérise l’écriture en architecture ? Que cherche à combler la textualité ? Peut-on identifier une sorte d’identité architecturale véhiculée par le texte seul ? Les objectifs de notre projet de recherche sont les suivants : (1) Contribuer à une théorisation de l’écriture primée (2) Raffiner les connaissances sur la textualité en architecture. Notre démarche scientifique sera essentiellement d’ordre herméneutique et comparative. L’analyse discursive usera de la capacité de la représentation en architecture à séparer texte et image.