{:fr}Comprendre les prix d’excellence (Numéro 191 de la revue Architecture Québec) : Les chercheurs du LEAP et de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence présentent quelques résultats de leurs travaux récents sur les prix d’excellence dans tous les domaines de l’aménagement{:}{:en}Understanding the Awards of Excellence (Issue 191 of Architecture Québec magazine) : Researchers from LEAP and the Canada Research Chair in Architecture, Competitions and Mediations of Excellence present some results of their recent work on awards of excellence in all areas of design{:}
{:fr}[vc_row][vc_column][vc_column_text]Ce numéro spécial sur les prix d’excellence ne présente pas de nouveaux lauréats et ne dévoile aucun résultat que l’on ne connaissait déjà. Il se donne pour objectif d’inviter à plus d’attention sur un phénomène – la célébration de l’excellence – sur lequel les regards critiques sont étrangement peu dirigés. Que comprendre de la pléthore de projets, de réalisations et de pratiques primées, année après année? Certes, les images défilent dans un intense ballet à chaque palmarès local, régional ou national. Des images de l’excellence architecturale, à n’en pas douter. Il faut toutefois effectuer un « arrêt sur image » pour commencer à s’interroger sur les définitions de la qualité qu’elles sont censées résumer, symboliser, mesurer peut-être. Le lecteur qui voudrait se convaincre de l’ampleur du phénomène en quelques chiffres pourra commencer ce numéro par la fin, puisque nous en dressons un portrait statistique inédit, révélant en particulier l’augmentation exponentielle du nombre d’organisateurs et de prix en une décennie.
Georges Adamczyk propose tout d’abord de déplacer « l’horizon d’attente » de la réception des architectes ou du public, vers l’intérêt du monde académique. Il prend de fait les réalisations primées comme des modèles : « les projets qui sont jugés excellents par leurs pairs pour leurs qualités esthétiques et fonctionnelles exemplaires sont aussi des projets potentiels pour l’apprentissage de la conception et de la production en architecture ». David Theodore replace les prix québécois dans un portrait canadien élargi. Si les architectes québécois se distinguent effectivement au Canada, voire à l’étranger, son enquête montre que ce sont certains types d’édifices et de pratiques architecturales qui se voient distingués, plutôt que l’excellence ou les meilleurs bâtiments de façon générale. De façon paradoxale, il se demande si les prix promeuvent réellement une bonne architecture. Ce que confirme la réflexion d’Aurélien Catros sur les distinctions patrimoniales. L’histoire récente des catégories de l’excellence en conservation révèle d’abord les fluctuations des politiques sous-jacentes. Et quoi de plus actuel qu’une politique de l’architecture scolaire? Sur ce point, le regard rétrospectif d’Alexandra Paré montre que l’architecture scolaire reste un parent pauvre des prix. Elle rejoint les conclusions de Theodore et d’Adamczyk en invitant à concevoir les prix comme une véritable école de la qualité architecturale. Les articles de Sherif Goubran et de Carmela Cucuzzella interrogent la part grandissante des critères écologiques et environnementaux dans les reconnaissances contemporaines de la qualité. Les statistiques compilées par Goubran sont éclairantes sur la démultiplication des définitions de la durabilité. Les analyses de Cucuzzella montrent de façon détaillée que certains prix forcent littéralement le recours à toujours plus de visibilité « éco-didactique ». Elle en conclut que les prix ne joueraient pas qu’une fonction de reconnaissance, ils détermineraient une forme d’excellence. En substance, cette inversion est le jeu proposé par Lucie Palombi qui, en oblitérant provisoirement les images des projets primés, se demande ce que pourrait comprendre un visiteur étranger de trois bibliothèques primées en ne considérant que les rares commentaires des jurys. Nous vous laissons deviner.
Car tant que les listes de réalisations primées ne s’accompagneront pas des raisons, des analyses, des critères de jugement et donc des rapports des jurys; les prix risquent de ne rester que de sympathiques célébrations et non des étapes dans la reconnaissance pleine et effective d’une « politique de la qualité architecturale ».
Éditorial : Les prix, arrêt sur image! (Jean-Pierre Chupin, professeur, Université de Montréal) Taking Home the Prize: Distinguishing Québec in Architectural Awards (David Theodore, professeur, McGill University) Trois bibliothèques amplement primées (la visite inverse) (Lucie Palombi, doctorante, Université de Montréal) L’architecture scolaire, ce parent pauvre des prix (Alexandra Paré, doctorante, Université de Montréal) Apprendre de l’excellence en architecture résidentielle (Georges Adamczyk, professeur, Université de Montréal) Le Québec dans le concert canadien des prix de développement durable (Sherif Goubran, doctorant, Concordia University) L’allégorie du patrimoine au filtre des prix d’excellence (Aurélien Catros, doctorant, Université de Montréal) À quoi servent les prix en architecture ? (Jean-Pierre Chupin, professeur, Université de Montréal) « Éco-didactisme » : Les « prix verts » forcent-ils la visibilité des dispositifs écologiques? (Carmela Cucuzzella, professeure, Concordia University)[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]{:}{:en}[vc_row][vc_column][vc_column_text]This special issue on Awards of Excellence does not introduce new winners or reveal any results that were not previously known. Its purpose is to call for more attention to a phenomenon – the celebration of excellence – on which there is strangely little critical attention. What is to be understood from the plethora of award-winning projects, achievements and practices year after year? Certainly, the images are part of an intense ballet at each local, regional or national award ceremony. Images of architectural excellence, no doubt about it. However, it is necessary to « freeze frame » the images to begin to question the definitions of quality that they are supposed to summarize, symbolize, perhaps measure. The reader who would like to be convinced of the extent of the phenomenon in a few figures can start this issue at the end, as we draw up an unprecedented statistical portrait of it, revealing in particular the exponential increase in the number of organizers and prizes in a decade. Georges Adamczyk first of all proposes to shift the « waiting horizon » from the reception of architects or the public to the interest of the academic world. In fact, he takes award-winning projects as models: « projects that are judged excellent by their peers for their exemplary aesthetic and functional qualities are also potential projects for learning about design and production in architecture ». David Theodore places the Quebec awards in a broader Canadian context. While Quebec architects do indeed distinguish themselves in Canada and even abroad, his survey shows that it is certain types of buildings and architectural practices that are distinguished, rather than excellence or the best buildings in general. Paradoxically, he wonders whether the awards really promote good architecture. This is confirmed by Aurélien Catros‘ reflections on heritage distinctions. The recent history of the categories of excellence in conservation first reveals the fluctuations of the underlying policies. And what could be more up-to-date than a policy for school architecture? On this point, Alexandra Paré‘s retrospective look shows that school architecture remains a poor relation of awards. She agrees with the conclusions of Theodore and Adamczyk in inviting us to conceive of prices as a true school of architectural quality. The articles by Sherif Goubran and Carmela Cucuzzella question the growing importance of ecological and environmental criteria in contemporary quality recognition. The statistics compiled by Goubran shed light on the multiplication of definitions of sustainability. Cucuzzella’s analyses show in detail that certain awards literally force the use of ever more « eco-didactic » visibility. She concludes that awards would not only play a recognition function, they would determine a form of excellence. In essence, this inversion is the game proposed by Lucie Palombi who, by temporarily obliterating the images of the prize-winning projects, wonders what a foreign visitor to three prize-winning libraries might understand by considering only the rare comments of the juries. We’ll let you guess. For as long as the lists of prize-winning projects are not accompanied by the reasons, analyses, judging criteria and therefore the jury reports, there is a risk that the prizes will remain nothing more than nice celebrations and not stages in the full and effective recognition of an « architectural quality policy ». Editorial: Prices, freeze frame! (Jean-Pierre Chupin, Professor, Université de Montréal) Taking Home the Prize: Distinguishing Québec in Architectural Awards (David Theodore, Professor, McGill University) Three award-winning libraries (the reverse visit) (Lucie Palombi, doctoral student, Université de Montréal) School architecture, the poor relation of prizes (Alexandra Paré, doctoral student, Université de Montréal) Learning from excellence in residential architecture (Georges Adamczyk, Professor, Université de Montréal) Quebec in the Canadian sustainable development awards concert (Sherif Goubran, PhD student, Concordia University) The allegory of heritage through the filter of awards of excellence (Aurélien Catros, doctoral student, Université de Montréal) What is the purpose of architectural awards? (Jean-Pierre Chupin, Professor, Université de Montréal) « Eco-education »: Are « green awards » forcing the visibility of green devices? (Carmela Cucuzzella, Professor, Concordia University)[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]{:}
