L’ARCHITECTURE SCOLAIRE EN CENTRE-VILLE COMME ESPACE DE RECHERCHE CRÉATION

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Cette recherche-création vise à explorer le potentiel didactique de l’architecture dans son rapport avec la ville à travers l’étude et la conception des lieux de l’entre-deux. La problématique de l’innovation en matière d’architecture scolaire en centre-ville canadien au 21e siècle s’y trouve abordée dans une exploration des interfaces entre l’école et la ville

La spatialité de l’entredeux a été étudiée par l’architecte Aldo van Eyck dans les années 1960 ainsi que par le théoricien et professeur Bernard Tschumi depuis le début des années 1990. Leurs écrits et leurs œuvres constituent des références importantes pour notre projet. Les lieux qui relient les espaces d’enseignement et la ville constituent encore une zone grise de la recherche actuelle sur l’architecture scolaire qui tend à s’adresser surtout à la réussite scolaire dans un objectif d’éducation, de socialisation et de qualification à l’emploi plutôt qu’à théoriser la conception des lieux. Nous considérons toutefois que l’expérience d’une architecture attentive à la qualité des espaces d’enseignement et de la ville peut contribuer à sensibiliser les jeunes citoyens à la qualité du cadre bâti.

La conception des écoles et des lieux de l’entre-deux présente de nouveaux défis car les programmes fonctionnels et techniques évoluent lentement. Ces documents techniques qui décrivent en termes qualitatifs et organisationnels les projets d’édifices et à partir desquels les écoles sont conçues reproduisent un modèle d’édifice monofonctionnel avec terrain de jeu extérieur au ras de la chaussée bien qu’il ne corresponde plus depuis longtemps aux réalités foncières des centres-villes.

De façon paradoxale, plusieurs villes canadiennes sont en déficit d’écoles élémentaires qui, pourtant, jouent un rôle clé pour favoriser le développement urbain. Cette recherche-création propose un mode d’investigation original prenant appui sur le concours d’idées. En architecture, un concours d’idées ne mène pas forcément à la construction du projet lauréat, son objectif étant de faire émerger des propositions innovantes et de contribuer activement au débat public.

En plus d’être analysés, les résultats du concours pilote seront accessibles en ligne, en français et en anglais, sur le site de Catalogue des Concours Canadiens et feront l’objet d’une exposition publique. Ce faisant, ce projet entend contribuer également à la définition de la recherche-création en architecture ainsi qu’à une meilleure compréhension du rôle des concours dans le renouvellement de la discipline et de la profession. Il soutiendra la formation de futurs chercheurs et de futurs architectes qui seront initiés à la recherche en travaillant sur des questions qui exigeront leur contribution dans les années à venir.

La méthodologie du projet reprend un principe que nous avons testé lors d’un premier projet de recherche-création CRSH qui portait sur le logement social en tant que moteur de la transformation des centres-villes canadiens et montréalais : le volet création reposait également sur la tenue d’un concours mobilisant des étudiants de niveau maîtrise.

Ce nouveau projet entend mobiliser des chercheurs des disciplines de l’architecture, de la pédagogie, de la sociologie, de la psychologie, du design urbain et du paysage en vue de développer de nouvelles collaborations pancanadiennes. À l’extérieur de la communauté des chercheurs, le projet devrait fortement intéresser les commissions scolaires des grandes villes au Canada et à l’international, ainsi que des groupes représentant diverses parties prenantes.

Anne Cormier, Jean-Pierre Chupin et Georges Adamczyk
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme Développement Savoir) 2018 – 2020

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