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Concours Calvert House pour la maison canadienne de demain / International Calvert House Competition for the Canadian home of tomorrow

1954
Montréal, Québec, Canada
  • Architecture domestique
  • Édifice
  • Demeure
Parrainé par l'école d'architecture de l'université McGill et Calvert's Distillers Ltd, le concours Calvert House a sans aucun doute été l'un des événements les plus importants de la scène architecturale canadienne dans les années 1950. Ouvert aux étudiants et aux professionnels du Canada et de l'étranger, le concours visait à définir la forme future de la maison canadienne pour les familles à l'aube du baby-boom. Doté d'un prix de 12 000 dollars, le concours a attiré 1 600 participants. Au final, 661 propositions provenant de 17 pays différents ont été rendues.

Les conseillers professionnels du concours étaient John Bland, directeur de l'école d'architecture de l'Université McGill de 1941 à 1972, et Pierre Morency, directeur de la section architecture de l'École des Beaux-arts de Montréal. Le jury était composé de l'architecte et designer italien Gio Ponti, rédacteur en chef du magazine Domus, du professeur Eric Arthur de l'École d'architecture de l'Université de Toronto et de l'architecte et urbaniste Hemphrey Carver de la Société canadienne d'hypothèques et de logement. La généreuse bourse de 12 000 dollars a été divisée en un prix international de 5 000 dollars, un prix européen de 2 500 dollars, un prix canadien de 2 500 dollars et dix mentions honorables de 200 dollars chacune.

Selon Samuel Bronfman, président de Calvert Distillers, « le concours international des maisons Calvert a été conçu comme une contribution positive au développement de la vie canadienne et comme une aide aux jeunes Canadiens dont le mode de vie est fortement influencé par leur environnement familial. Le foyer et la maison jouent un rôle considérable dans la formation de notre société... » (1). Le programme du concours exigeait une maison unifamiliale à chauffage central pour cinq personnes (dont trois enfants de moins de 15 ans). Des dispositions ont été prises pour la voiture familiale, mais aucune exigence n'a été formulée en ce qui concerne le budget ou les matériaux. Les seules spécifications étaient qu'elle « devait être de bon goût, de conception simple et de couleur agréable, sans être difficile à entretenir ni trop coûteuse à construire ». (2)

Eric Arthur, membre du jury, a déclaré que « le concours était précieux pour deux raisons. Il a permis de découvrir un niveau de qualité de dessinateur européen incommensurablement plus élevé que tout ce que nous connaissons dans ce pays ou aux États-Unis. Il nous a également donné l'occasion de "nous voir comme les autres nous voient". On peut comprendre la difficulté de visualiser la maison canadienne de demain alors que son auteur est assis au bord d'un fjord norvégien ou sur les rives d'un loch écossais. Cette difficulté n'est que légèrement atténuée par le fait d'être assis sur les rives du lac Ontario ou sur un sommet de Banff. En conséquence, le jury et les concurrents ont pu se libérer avec bonheur des règles frustrantes des règlements municipaux, ou même de la prise en compte des matériaux que l'on trouve habituellement dans les sections suburbaines des centres métropolitains du Canada ». (4)

Dans son rapport, le jury a reconnu dans les trois projets lauréats « principalement un haut degré de simplicité et de style, une interprétation très humaine de la vie d'une famille en termes moraux et spirituels qui est donnée par l'intimité du premier, tandis que dans les deux autres elle est donnée par une courageuse confiance avec la vie extérieure, plus vivante dans l'un et plus calme dans l'autre ». (3)

En soulignant la simplicité tant au niveau des plans proposés que de l'esthétique, le jury a admiré la flexibilité des plans qui permet parfois une variété de configurations intérieures. Le jury a également noté que dans la majorité des projets, les salles d'eau intérieures et les cuisines s'ouvraient sur les salles à manger, mais pas sur l'extérieur. En outre, l'évacuation des déchets et l'arrivée des marchandises n'ont pas fait l'objet d'une attention particulière. Malgré cela, l'accent a été mis sur l'espace dédié aux enfants et à leurs jeux. En regardant les projets avec des yeux contemporains, nous pouvons simplement dire qu'ils démontrent l'arrivée d'un ensemble de nouvelles habitudes et valeurs familiales qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont apporté d'importants changements dans le logement canadien.

À la suite du concours, une publication intitulée « Winning Designs » (1955), présentait les plans et les perspectives des treize meilleurs projets, offrant ainsi au citoyen lambda la possibilité de choisir et d'acheter l'une des propositions.

Malheureusement, nous n'avons pas pu trouver d'informations sur les projets autres que les lauréats. Selon toute vraisemblance, leurs dessins ont été perdus et nous ne saurons jamais en quoi consistaient leurs propositions. D'après des coupures de presse de l'époque, nous savons que l'un des projets proposés était une maison en forme d'igloo. Nous pouvons supposer qu'il y avait un certain nombre de propositions excentriques et même quelques-unes qui étaient peut-être trop innovantes pour que le jury les prenne en considération, en gardant à l'esprit les exigences de constructibilité mises en avant par les organisateurs du concours. Plus important encore, il serait bénéfique de découvrir quels sont les projets gagnants qui ont été construits à travers le pays et à quelle fréquence. Leur incidence nous donnerait une meilleure idée de l'influence de ce concours sur le paysage de l'environnement domestique canadien. Il va sans dire que nous n'avons fait qu'effleurer ce concours.

(Texte CCC)

Notes:
(1) Winning designs: International Calvert House Competition for the Canadian home of tomorrow. Montréal, Calver Distillers, 1955. 16p, ill.
(2) Architectural Record, vol. 115, January 1954.
(3) Architectural Record, vol. 116, August 1954.
(4) Journal of the Royal Architectural Institute of Canada. August, 1954.