9 vidéos des 27 sessions de brainstorming sur les déterminants de la qualité en architecture

https://architecture-excellence.org/seminars-2-to-28-may-2020/ 

Automne 2020 : ces montages vidéos sont accessibles sur le site préfigurant l’Atlas de Recherche sur l’Exemplarité en Architecture et dans l’environnement bâti (AREA-BE) 

La playlist des vidéos peut-être consultée à ce lien :

À l’invitation de la CRC-ACME, plusieurs chercheurs du LEAP ont participé aux 27 séances de brainstorming sur les déterminants de la qualité en architecture

Durant trois semaines, en mai 2020, 3 groupes de chercheurs et de professionnels à travers le Canada ont participé à 3 séances de brainstorming par semaine, à raison de 9 séances Zoom par groupe, soit 27 séances au total. Cette série d’échanges à distance s’inscrit à la fois dans la mise en place d’un grand réseau de collaboration et de recherche sur la qualité des environnements bâtis (AREA) et dans la conception d’une plateforme numérique ou « Atlas d’excellence en architecture » capable de soutenir des recherches à long terme sur la compréhension et la diffusion des meilleures pratiques dans le contexte canadien (AEA). Cette base de données est décentralisée et en accès libre. Coordination : Jean-Pierre Chupin (Université de Montréal), Terrance Galvin (Université Laurentienne) Doctorants et assistants : Mandana Bafghinia, Aurélien Catros, Sherif Goubran, Firdous Nizar, Lucie Palombi, Alexandra Paré, Anne-Lise Belbezet

Comprendre les prix d’excellence (Numéro 191 de la revue Architecture Québec) : Les chercheurs du LEAP et de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence présentent quelques résultats de leurs travaux récents sur les prix d’excellence dans tous les domaines de l’aménagement

Ce numéro spécial sur les prix d’excellence ne présente pas de nouveaux lauréats et ne dévoile aucun résultat que l’on ne connaissait déjà. Il se donne pour objectif d’inviter à plus d’attention sur un phénomène – la célébration de l’excellence – sur lequel les regards critiques sont étrangement peu dirigés. Que comprendre de la pléthore de projets, de réalisations et de pratiques primées, année après année? Certes, les images défilent dans un intense ballet à chaque palmarès local, régional ou national.  Des images de l’excellence architecturale, à n’en pas douter. Il faut toutefois effectuer un « arrêt sur image » pour commencer à s’interroger sur les définitions de la qualité qu’elles sont censées résumer, symboliser, mesurer peut-être. Le lecteur qui voudrait se convaincre de l’ampleur du phénomène en quelques chiffres pourra commencer ce numéro par la fin, puisque nous en dressons un portrait statistique inédit, révélant en particulier l’augmentation exponentielle du nombre d’organisateurs et de prix en une décennie.

Georges Adamczyk propose tout d’abord de déplacer « l’horizon d’attente » de la réception des architectes ou du public, vers l’intérêt du monde académique. Il prend de fait les réalisations primées comme des modèles : « les projets qui sont jugés excellents par leurs pairs pour leurs qualités esthétiques et fonctionnelles exemplaires sont aussi des projets potentiels pour l’apprentissage de la conception et de la production en architecture ». David Theodore replace les prix québécois dans un portrait canadien élargi. Si les architectes québécois se distinguent effectivement au Canada, voire à l’étranger, son enquête montre que ce sont certains types d’édifices et de pratiques architecturales qui se voient distingués, plutôt que l’excellence ou les meilleurs bâtiments de façon générale. De façon paradoxale, il se demande si les prix promeuvent réellement une bonne architecture. Ce que confirme la réflexion d’Aurélien Catros sur les distinctions patrimoniales. L’histoire récente des catégories de l’excellence en conservation révèle d’abord les fluctuations des politiques sous-jacentes. Et quoi de plus actuel qu’une politique de l’architecture scolaire? Sur ce point, le regard rétrospectif d’Alexandra Paré montre que l’architecture scolaire reste un parent pauvre des prix. Elle rejoint les conclusions de Theodore et d’Adamczyk en invitant à concevoir les prix comme une véritable école de la qualité architecturale. Les articles de Sherif Goubran et de Carmela Cucuzzella interrogent la part grandissante des critères écologiques et environnementaux dans les reconnaissances contemporaines de la qualité. Les statistiques compilées par Goubran sont éclairantes sur la démultiplication des définitions de la durabilité. Les analyses de Cucuzzella montrent de façon détaillée que certains prix forcent littéralement le recours à toujours plus de visibilité « éco-didactique ». Elle en conclut que les prix ne joueraient pas qu’une fonction de reconnaissance, ils détermineraient une forme d’excellence. En substance, cette inversion est le jeu proposé par Lucie Palombi qui, en oblitérant provisoirement les images des projets primés, se demande ce que pourrait comprendre un visiteur étranger de trois bibliothèques primées en ne considérant que les rares commentaires des jurys. Nous vous laissons deviner.

Car tant que les listes de réalisations primées ne s’accompagneront pas des raisons, des analyses, des critères de jugement et donc des rapports des jurys; les prix risquent de ne rester que de sympathiques célébrations et non des étapes dans la reconnaissance pleine et effective d’une « politique de la qualité architecturale ».

Éditorial : Les prix, arrêt sur image! (Jean-Pierre Chupin, professeur, Université de Montréal)  Taking Home the Prize: Distinguishing Québec in Architectural Awards (David Theodore, professeur, McGill University) Trois bibliothèques amplement primées (la visite inverse) (Lucie Palombi, doctorante, Université de Montréal) L’architecture scolaire, ce parent pauvre des prix  (Alexandra Paré, doctorante, Université de Montréal) Apprendre de l’excellence en architecture résidentielle (Georges Adamczyk, professeur, Université de Montréal) Le Québec dans le concert canadien des prix de développement durable (Sherif Goubran, doctorant, Concordia University) L’allégorie du patrimoine au filtre des prix d’excellence (Aurélien Catros, doctorant, Université de Montréal)  À quoi servent les prix en architecture ?  (Jean-Pierre Chupin, professeur, Université de Montréal) « Éco-didactisme » : Les « prix verts » forcent-ils la visibilité des dispositifs écologiques? (Carmela Cucuzzella, professeure, Concordia University)

ARCHIVES DE L’EXEMPLARITÉ EN ARCHITECTURE ET DANS L’ENVIRONNEMENT BÂTI (AREA)

Les Archives de l’exemplarité en architecture et dans l’environnement bâti constituent un chantier ouvert!

 

AREA-BE est une initiative de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence (CRC-ACME) dont le titulaire Jean-Pierre Chupin, Ph.D., architecte MOAQ, MIRAC, DPLG, DipArch(2), est professeur à l’Université de Montréal. La mise en oeuvre de cette initiative est soutenue activement par un réseau de chercheurs canadiens et internationaux.

Le site actuel de l’AREA (www.architecture-excellence.org) est ouvert officiellement depuis novembre 2019.

Ce site préfigure une importante plateforme de documentation et de recherche dont la programmation et la conception sont soutenues par la Fondation Canadienne pour l’Innovation et le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada via le programme des Chaires de recherche du Canada. Le lancement est prévu en 2021 / 2022

Dans les prochaines années, seule la mise en place d’un vaste réseau de chercheures et de chercheurs basées dans les écoles d’architecture et les universités de recherche du Canada pourra assurer la fiabilité, la mise à jour régulière et la durabilité de cette plateforme de ressources, de connaissances et d’analyses sur la qualité architecturale, urbaine et paysagère.

Grâce à la contribution des institutions organisatrices de prix et des équipes professionnelles, chercheures et étudiants seront en mesure de contribuer à une meilleure compréhension de la qualité dans les domaines de l’environnement bâti. Les données, informations, analyses, comparaisons, visualisations qui seront progressivement livrées – en libre accès – sur la plateforme AREA Canada prendront appui sur les projets et les édifices primés au Canada, d’année en année, pour identifier et mieux comprendre les meilleures pratiques (best practices).

La plateforme collective de l’AREA sera destinée à offrir les données scientifiques nécessaires à la formation, la constitution de politiques et d’actions de médiations visant l’excellence de nos environnements construits.

On trouvera de plus amples informations sur le programme de la CRC-ACME sur le site www.crc.umontreal.ca ainsi que des éléments de définition, diverses données et des réflexions dans la section « billets scientifiques » du même site.

Article en libre accès dans FOOTPRINT (Delft Architecture Theory Journal) #26 (2020) : « This is not a Nest: Transcultural Metaphors and the Paradoxical Politics of International Competitions »

This is Not a Nest: Transcultural Metaphors and the Paradoxical Politics of International Competitions

Jean-Pierre Chupin, Université de MontréalPublished in:

Footprint, Delft Architectural Theory Journal, issue #26, Vol 14, n1, Spring 2020. Pages: 63-82

Abstract

Although the architecture competition has been analysed through a number of rhetorical lenses, the recurring production of transcultural metaphors, particularly in international competitions, remains to be addressed as a genuine disciplinary phenomenon. The hypothesis of competitions as contact zones is particularly appropriate for the study of international events, in which competitors forge broad analogical figures to bridge cultural differences. Recent studies in the cognitive understanding of analogical matrices have considerably reinforced the theories on metaphors. Our analytical grid characterises analogical matrices to identify levels of symbolic operations through the differentiation of formal, structural and conceptual analogies. We first dig into a sample of competition project nicknames (Crystal, Bird’s Nest, DNA, Cloud, Lace, Stealth, etc.) to confirm that these tropes have a paradoxical status at the intersection of architects’ intents and public expectations. We then summarise an in-depth hermeneutical discourse analysis of forty North American international competitions. This indicates a fourfold series of expectations to which competitors hope to provide answers in an international ‘conflict of interpretations’. Adhering to the theory of speech acts, we suggest that performative metaphors in competitions appear less as indicators of designers’ intentions than as products of the broader context surrounding competitions themselves. We conclude with a proposed grid indexing four types of contact zones in which metaphorical relationships are actively created and not just repeated.

Keywords

International Competitions, Analogies, Metaphors, Analogical Matrices, Discourse Analysis, Speech Acts

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Nouveau livre en libre accès de J-P Chupin et G. Stanley Collyer sur rôle des jeunes architectes dans les concours

Rédigé par deux experts internationaux des concours, ce livre présente un ensemble de données et d’études de cas argumentant du rôle déterminant des jeunes bureaux d’architecture, d’urbanisme et de paysage dans les concours. Les données glanées au niveau international démontrent que les jeunes architectes se révèlent capables d’égaler ou de dépasser les capacités de leurs concurrents les plus expérimentés dans la conception d’environnements bâtis de haute qualité. Le dossier est construit pour contrer et critiquer une tendance post-an 2000 qui a contribué à l’exclusion de nombreuses jeunes agences d’architecture des concours sur la base supposée de leur inexpérience. L’ouvrage présente brièvement un vaste répertoire non exhaustif de réalisations architecturales, en mettant l’accent sur l’étonnante précocité des cabinets associés. Il inclut des exemples de concours internationaux, regroupés par région.

Au fil du temps, il devient clair que le travail des jeunes architectes a largement contribué à plusieurs grands objets de l’histoire contemporaine. Après avoir analysé une période de près de cinq décennies, le livre conclut que l’accent mis sur les demandes de préqualification (RFQ) n’est pas la seule raison pour laquelle de nombreux cabinets d’architectes sont rejetés. Il émet l’hypothèse que le penchant de notre société pour les procédures de contrôle a priori devrait également être remis en question, du moins si nous souhaitons que nos lieux de culture et de représentation civique soutiennent les générations qui y vivent et en bénéficient.

L’architecture peut-elle préserver sa légitimité lorsqu’elle remet en cause son renouvellement même en excluant les jeunes architectes de l’activité synergique et de la participation démocratique si emblématique des concours de projets ?

Jean-Pierre Chupin, PhD, est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence à l’Université de Montréal (Canada). Il est également l’éditeur en chef du Catalogue des Concours Canadiens (www.ccc.umontreal.ca)

G. Stanley Collyer, PhD in History from Freie Universität Berlin, is the founding editor of COMPETITIONS (www.competitions.org) one of the longest lasting resource internationally and the author of Competing Globally in Architecture Competitions (Wiley Academy, 2004)

TÉLÉCHARGER CE LIVRE EN ACCÈS LIBRE

Offres de bourses doctorales (Nouvelle date limite 1er mars 2021 pour septembre 2021)

la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence (CRC-ACME) sollicite des candidatures pour des bourses doctorales. Chaque bourse sera accompagnée d’un contrat de recherche et soutiendra une étudiante ou un étudiant dans la réalisation d’un projet de recherche doctorale étroitement lié à la programmation de cette chaire qui se consacre à l’étude de la qualité architecturale au filtre des prix d’excellence et des processus de concours. (https://crc.umontreal.ca)

De façon générale, les propositions de recherche doctorale devront contribuer à l’histoire et à la théorisation des définitions contemporaines de la qualité en architecture. Les propositions de recherches comparatives sont fortement encouragées et devront indiquer comment elles prendront appui sur l’étude conjointe des projets lauréats de concours et de prix d’excellence au Canada (voir Catalogue des Concours Canadienswww.ccc.umontreal.ca et Atlas de l’Excellence en Architecture www.architecture-excellence.org).

La thèse sera dirigée par Jean-Pierre Chupin Ph.D. (https://crc.umontreal.ca/chercheur/jean-pierre-chupin/), dans le cadre du programme de Ph.D. individualisé en architecture à l’Université de Montréal. Une codirection avec une ou un professeur associé à la CRC-ACME (UdeM) pourra être envisagée en fonction des orientations spécifiques du projet de recherche.

Chaque bourse de 20 000$ CAN par année sera octroyée pendant un minimum de deux années et un maximum de quatre années, en fonction des résultats scolaires et scientifiques (publications, conférences, etc.). Ces bourses seront accompagnées de contrats de recherche de la CRC-ACME (au minimum un contrat de 5000$ CAN par année) et, en fonction des fonds disponibles, s’ajouteront des bourses de voyage ou de soutien du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (www.leap-architecture.org). Les boursiers pourraient aussi être éligibles aux bourses d’admission, de scolarité et d’excellence, offertes par la Faculté de l’aménagement et par l’Université de Montréal.

Autres conditions et modalités :

  • Langue : la thèse peut être présentée en français ou en anglais, mais la candidate ou le candidat devra être en mesure de suivre des séminaires et des cours en français (une preuve d’un niveau de maîtrise suffisant du français (et de l’anglais si c’est la langue de rédaction choisie) sera exigée à l’admission.
  • Programme d’études : la thèse devra être réalisée dans le cadre du programme de PhD individualisé en architecture (https://architecture.umontreal.ca/programmes-detudes/phd-individualise-en-architecture/), à temps plein, sans suspension. Les candidates et candidats devront présenter une demande d’admission à ce programme et être admis. Les demandes d’admission sont attendues le 1er Février 2021. Les demandes d’admission postérieures à cette date sont recevables si l’excellence du dossier le justifie.
  • Durée : la bourse sera versée en 4 versements à compter de l’inscription au programme pour le trimestre d’automne 2021. (Officiellement, l’inscription prend effet le 1er septembre 2021, mais la bourse peut être anticipée à partir du 1er juin 2021 pour les candidatures canadiennes ou selon le visa obtenu). Le renouvèlement de la bourse sera conditionnel aux performances dans les cours et les séminaires ainsi qu’à la réussite de l’examen de synthèse qui peut avoir lieu dès le 4e trimestre (et au plus tard au 6e trimestre).
  • Autres sources de financement : les candidates et candidats sélectionnés devront s’engager à présenter des demandes de bourses auprès des organismes fédéraux et provinciaux ainsi qu’à l’organisation MITACS. Le cumul avec des bourses doctorales du CRSH ou du FRQSC est permis mais le montant de la bourse octroyé est alors réduit de 1/3 du montant total.

Les dossiers de candidature pour ces bourses spéciales de la CRC-ACME (UdeM) devront inclure :

  • Des exemples de publications ou de mémoires de recherche en français ou en anglais.
  • Deux lettres de référence, détaillées et confidentielles, attestant la capacité à travailler au sein d’une équipe de recherche
  • Un devis de recherche de 5000 mots

L’admissibilité du projet de recherche (devis de 5000 mots) ainsi que les CV doivent préalablement être validés avec le professeur Jean-Pierre Chupin. Le projet de recherche esquissera une ou plusieurs questions en relation avec une problématique reliée à la conception, la réalisation, le jugement ou la réception de la qualité architecturale. L’angle théorique et ou historique devra faire référence à des travaux, mémoires, recherches ou publications antérieures du candidat. La nature comparative de l’approche méthodologique sera privilégiée.

NB. En tant que Chaire de recherche du Canada, la CRC-ACME (UdeM) invite les femmes, les autochtones, les minorités visibles, les minorités ethniques et les personnes handicapées à soumettre leur candidature. Nous reconnaissons que les interruptions de carrière peuvent avoir des répercussions sur le dossier des réalisations sans en amoindrir pour autant l’excellence. Le cas échéant, les candidates et candidats sont encouragés à faire part des circonstances de toute interruption et à expliquer son incidence sur leur cheminement et leur dossier : ces informations seront prises en compte dans l’évaluation. Lors du recrutement, nos outils de sélection peuvent être adaptés selon les besoins des personnes handicapées qui en font la demande en toute confidentialité.

Contacts :

  • Pour les modalités d’octroi de la bourse et la compatibilité avec la CRC-ACME (UdeM) :

Jean-Pierre Chupin (jean-pierre.chupin@umontreal.ca)

  • Pour les modalités d’inscription dans le Ph.D. individualisé en architecture :

Diane Martin (diane.martin@umontreal.ca)

Consultez l’Agenda des prix canadiens!

https://architecture-excellence.org/fr/agenda-tous/

Cet AGENDA DES PRIX CANADIENS en architecture et dans les domaines de l’environnement bâti est un chantier en cours. Les informations ont été rassemblées par les chercheurs de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence (CRC-ACME). À partir de l’AGENDA vous pouvez rejoindre les pages de plus de 70 institutions qui délivrent des prix.

Ouverture du site préfigurant l’Atlas de Recherche sur l’Exemplarité en Architecture (AREA)

Bilingue, la plateforme de l’AEA est accessible à l’adresse:

https://architecture-excellence.org/fr/

 

Montréal, le 20 novembre 2019 – Le vice-recteur aux relations avec les diplômés, aux partenariats et à la philanthropie, Raymond Lalande, le doyen de la Faculté de l’aménagement, Raphaël Fischler, et Virginie Portes, directrice de la recherche subventionnée du bureau de la recherche, développement et valorisation de l’Université de Montréal ont inauguré, mardi 19 novembre, le programme de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiation de l’excellence (CRC-ACME). Son titulaire, le professeur Jean-Pierre Chupin, a présenté les principales orientations des recherches qui se déploieront sur les 7 prochaines années. Il a lancé officiellement le site de l’Atlas de l’Excellence en Architecture (AEA), prototype d’une grande ressource scientifique en accès libre, en élaboration par un réseau de chercheurs en provenance des 12 écoles d’architecture canadiennes, auxquelles d’autres universités se joindront progressivement.

Le programme de la nouvelle Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence vise à répondre à une question essentielle en architecture : qu’est-ce qui définit la qualité des environnements bâtis ? Cette question est abordée de manière comparative et diachronique à l’échelle d’un pays, le Canada, alors qu’elle n’a fait l’objet jusqu’à présent que d’analyses fragmentaires. Les définitions de la qualité évoluant dans le temps, le programme cherchera à comprendre comment ces critères sont utilisés en pratique. Il interrogera la façon dont les jurys de pairs appliquent – ou non – ces critères de qualité dans leurs jugements collectifs. Il examinera la manière dont les usagers des édifices et lieux publics ainsi réalisés ressentent ou perçoivent les différents aspects de la qualité architecturale.

Pour répondre à ces questions, il faut constituer un échantillon représentatif de la production architecturale d’un pays et d’une période. Il faut également disposer d’un corpus issu d’une sélection par des jurys de pairs, afin de ne pas biaiser l’analyse. De tels ensembles existent à l’échelle canadienne. Ils sont constitués des bâtiments et espaces publics lauréats de concours, ou lauréats de prix d’architecture, et parfois des deux, de la fin des années 1980 à aujourd’hui. Si les édifices primés constituent des médiations de l’excellence (par excellence), le phénomène commence avant la conception du projet, se poursuit avec la remise d’un prix, sans pour autant se clore avec la cérémonie. Les édifices primés, prix après prix, année après année, peuvent être considérés comme des éléments de réponse à une redéfinition constante de l’excellence. Au niveau de l’utilisation quotidienne, il s’agira de mieux comprendre comment les utilisateurs perçoivent les qualités identifiées par les jurys de concours et de prix pour évaluer les bâtiments ou les espaces publics.

L’Atlas de l’Excellence en Architecture est conçu grâce au soutien financier de la Fondation canadienne pour l’innovation, par le Centre d’expertise numérique pour la recherche (CEN-R) de l’Université de Montréal et la société Humaneco. Il sera hébergé par Calcul Canada. Il reposera sur une banque de données sans équivalent, qui permettra des analyses comparatives des qualités anticipées (projets de concours) et des qualités vécues (édifices primés). Pour les concours, plusieurs milliers de projets (lauréats ou non) sont déjà documentés dans le Catalogue des Concours Canadiens, banque de données constituée depuis 2002 à l’initiative du titulaire et de chercheurs du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle. Pour les prix, l’équipe de la CRC-ACME planifie actuellement la documentation des 6 000 édifices ayant reçu des prix octroyés par plus de soixante-dix institutions publiques ou privées au Canada.

L’analyse de centaines de projets exige la mise sur pied d’un vaste partenariat en cours de formation. Le Réseau AEA Network regroupera des chercheurs de plus d’une douzaine d’universités canadiennes dans les domaines de l’environnement bâti et invitera les institutions administrant des prix à collaborer à la constitution d’un Agenda des prix et à leur documentation.

L’impact ira au-delà de l’architecture en tant que discipline, puisque ce type de recherche requiert une collaboration entre sciences sociales, sciences humaines et génie. En rendant accessibles des données inédites sur les caractéristiques des bâtiments publics, les critères de conception et l’appréciation des qualités par un système d’acteurs et d’usagers, et en plaçant le jugement sur la qualité au cœur de son programme, la chaire suscitera un dialogue invitant des disciplines comme l’éthique, la sociologie, la science politique, etc., à de nouvelles interrogations sur les relations entre personnes et cadres bâtis. Grâce à ces collaborations intersectorielles, nous serons mieux à même d’affronter la complexité des retombées de la qualité des espaces sur la santé, la société, sur l’atteinte des objectifs environnementaux, ou sur les corrélations entre développement technologique et recherche de la plus haute qualité environnementale.