Après évaluation de la qualité des travaux de recherche, de rédaction scientifique et de présentation orale durant les deux jours de conférence, les membres du jury du prix de l’Académie ont désigné le lauréat du prix de la meilleure communication. Ce jury était présidé par Paul Quintrand, Ancien Président de l’Académie d’Architecture. Le Prix de l’Académie d’Architecture du meilleur article de la conférence SCAN’20 a été attribué à Aurélien Catros, étudiant au doctorat en architecture à l’Université de Montréal, sous la direction de Jean-Pierre Chupin et Bechara Helal, pour son article intitulé : « Une catégorisation des maquettes BIM au sein des modèles scientifiques ».

Le 19 octobre 2020, le Consulat général de France à Québec, suivant les recommandations de la mission d’évaluation du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation, a désigné Tiphaine Abenia lauréate française du prix de thèse en cotutelle 2020. Les prix de thèse en cotutelle français et québécois, d’un montant de 1500$, ont été remis lors du Gala organisé par l’Acfas (Association francophone pour le savoir) qui s’est tenu de façon virtuelle le 9 décembre 2020.

Sous la direction de Daniel Estevez (ENSA Toulouse) et de Jean-Pierre Chupin (UdeM) pour le doctorat individualisé en architecture, la thèse de Tiphaine Abenia « Architecture potentielle de la Grande Structure Abandonnée (G.S.A) : catégorisation et projection » a été défendue en juin 2019. Architecte et ingénieure, madame Abenia enseigne aujourd’hui à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Exposition présentée du 24 septembre 2020 au 30 janvier 2021 au Centre de design de l’UQAM à Montréal (dir. Louise Pelletier) grâce à une collaboration LABÉCOLE, LEAP, CRC-ACME et Centre de design. tous les détails ici

Durant trois semaines, en mai 2020, 3 groupes de chercheurs et de professionnels à travers le Canada ont participé à 3 séances de brainstorming par semaine, à raison de 9 séances Zoom par groupe, soit 27 séances au total. Cette série d’échanges à distance s’inscrit à la fois dans la mise en place d’un grand réseau de collaboration et de recherche sur la qualité des environnements bâtis (AREA) et dans la conception d’une plateforme numérique ou « Atlas d’excellence en architecture » capable de soutenir des recherches à long terme sur la compréhension et la diffusion des meilleures pratiques dans le contexte canadien (AEA). Cette base de données est décentralisée et en accès libre. Coordination : Jean-Pierre Chupin (Université de Montréal), Terrance Galvin (Université Laurentienne) Doctorants et assistants : Mandana Bafghinia, Aurélien Catros, Sherif Goubran, Firdous Nizar, Lucie Palombi, Alexandra Paré, Anne-Lise Belbezet

Ce numéro spécial sur les prix d’excellence ne présente pas de nouveaux lauréats et ne dévoile aucun résultat que l’on ne connaissait déjà. Il se donne pour objectif d’inviter à plus d’attention sur un phénomène – la célébration de l’excellence – sur lequel les regards critiques sont étrangement peu dirigés. Que comprendre de la pléthore de projets, de réalisations et de pratiques primées, année après année? Certes, les images défilent dans un intense ballet à chaque palmarès local, régional ou national.  Des images de l’excellence architecturale, à n’en pas douter. Il faut toutefois effectuer un « arrêt sur image » pour commencer à s’interroger sur les définitions de la qualité qu’elles sont censées résumer, symboliser, mesurer peut-être. Le lecteur qui voudrait se convaincre de l’ampleur du phénomène en quelques chiffres pourra commencer ce numéro par la fin, puisque nous en dressons un portrait statistique inédit, révélant en particulier l’augmentation exponentielle du nombre d’organisateurs et de prix en une décennie.

Georges Adamczyk propose tout d’abord de déplacer « l’horizon d’attente » de la réception des architectes ou du public, vers l’intérêt du monde académique. Il prend de fait les réalisations primées comme des modèles : « les projets qui sont jugés excellents par leurs pairs pour leurs qualités esthétiques et fonctionnelles exemplaires sont aussi des projets potentiels pour l’apprentissage de la conception et de la production en architecture ». David Theodore replace les prix québécois dans un portrait canadien élargi. Si les architectes québécois se distinguent effectivement au Canada, voire à l’étranger, son enquête montre que ce sont certains types d’édifices et de pratiques architecturales qui se voient distingués, plutôt que l’excellence ou les meilleurs bâtiments de façon générale. De façon paradoxale, il se demande si les prix promeuvent réellement une bonne architecture. Ce que confirme la réflexion d’Aurélien Catros sur les distinctions patrimoniales. L’histoire récente des catégories de l’excellence en conservation révèle d’abord les fluctuations des politiques sous-jacentes. Et quoi de plus actuel qu’une politique de l’architecture scolaire? Sur ce point, le regard rétrospectif d’Alexandra Paré montre que l’architecture scolaire reste un parent pauvre des prix. Elle rejoint les conclusions de Theodore et d’Adamczyk en invitant à concevoir les prix comme une véritable école de la qualité architecturale. Les articles de Sherif Goubran et de Carmela Cucuzzella interrogent la part grandissante des critères écologiques et environnementaux dans les reconnaissances contemporaines de la qualité. Les statistiques compilées par Goubran sont éclairantes sur la démultiplication des définitions de la durabilité. Les analyses de Cucuzzella montrent de façon détaillée que certains prix forcent littéralement le recours à toujours plus de visibilité « éco-didactique ». Elle en conclut que les prix ne joueraient pas qu’une fonction de reconnaissance, ils détermineraient une forme d’excellence. En substance, cette inversion est le jeu proposé par Lucie Palombi qui, en oblitérant provisoirement les images des projets primés, se demande ce que pourrait comprendre un visiteur étranger de trois bibliothèques primées en ne considérant que les rares commentaires des jurys. Nous vous laissons deviner.

Car tant que les listes de réalisations primées ne s’accompagneront pas des raisons, des analyses, des critères de jugement et donc des rapports des jurys; les prix risquent de ne rester que de sympathiques célébrations et non des étapes dans la reconnaissance pleine et effective d’une « politique de la qualité architecturale ».

Éditorial : Les prix, arrêt sur image! (Jean-Pierre Chupin, professeur, Université de Montréal)  Taking Home the Prize: Distinguishing Québec in Architectural Awards (David Theodore, professeur, McGill University) Trois bibliothèques amplement primées (la visite inverse) (Lucie Palombi, doctorante, Université de Montréal) L’architecture scolaire, ce parent pauvre des prix  (Alexandra Paré, doctorante, Université de Montréal) Apprendre de l’excellence en architecture résidentielle (Georges Adamczyk, professeur, Université de Montréal) Le Québec dans le concert canadien des prix de développement durable (Sherif Goubran, doctorant, Concordia University) L’allégorie du patrimoine au filtre des prix d’excellence (Aurélien Catros, doctorant, Université de Montréal)  À quoi servent les prix en architecture ?  (Jean-Pierre Chupin, professeur, Université de Montréal) « Éco-didactisme » : Les « prix verts » forcent-ils la visibilité des dispositifs écologiques? (Carmela Cucuzzella, professeure, Concordia University)

Plus de 2800 réalisations primées – conçues par plus de 1000 firmes d’architecture, d’urbanisme et d’architecture de paysage au Canada – répertoriées pour la première fois dans un Atlas de Recherche sur l’Exemplarité en Architecture (AREA)

À l’initiative de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence (CRC-ACME) , l’Atlas de Recherche sur l’Exemplarité en Architecture (AREA) prend forme avec la mise en ligne du premier Répertoire historique des réalisations et des projets primés.

Prototype d’une plateforme numérique décentralisée et collective, l’AREA Canada est destiné au regroupement des données sur la qualité des environnements construits. Conjointement à la mise en place d’un réseau de recherche, il s’agit offrir les informations nécessaires à la diffusion, à la compréhension, à la formation et la constitution de politiques et d’actions de médiations de la qualité visant l’excellence à toutes les échelles. Les données, informations, analyses, comparaisons, visualisations qui seront progressivement livrées sur la plateforme en libre accès prendront appui sur l’ensemble des réalisations primées au Canada. Grâce à la coordination des institutions organisatrices de prix et des équipes professionnelles, le grand public peut déjà prendre la mesure du répertoire des meilleures pratiques dans tous les domaines de l’environnement bâti.

This is Not a Nest: Transcultural Metaphors and the Paradoxical Politics of International Competitions

Jean-Pierre Chupin, Université de MontréalPublished in:

Footprint, Delft Architectural Theory Journal, issue #26, Vol 14, n1, Spring 2020. Pages: 63-82

Abstract

Although the architecture competition has been analysed through a number of rhetorical lenses, the recurring production of transcultural metaphors, particularly in international competitions, remains to be addressed as a genuine disciplinary phenomenon. The hypothesis of competitions as contact zones is particularly appropriate for the study of international events, in which competitors forge broad analogical figures to bridge cultural differences. Recent studies in the cognitive understanding of analogical matrices have considerably reinforced the theories on metaphors. Our analytical grid characterises analogical matrices to identify levels of symbolic operations through the differentiation of formal, structural and conceptual analogies. We first dig into a sample of competition project nicknames (Crystal, Bird’s Nest, DNA, Cloud, Lace, Stealth, etc.) to confirm that these tropes have a paradoxical status at the intersection of architects’ intents and public expectations. We then summarise an in-depth hermeneutical discourse analysis of forty North American international competitions. This indicates a fourfold series of expectations to which competitors hope to provide answers in an international ‘conflict of interpretations’. Adhering to the theory of speech acts, we suggest that performative metaphors in competitions appear less as indicators of designers’ intentions than as products of the broader context surrounding competitions themselves. We conclude with a proposed grid indexing four types of contact zones in which metaphorical relationships are actively created and not just repeated.

Keywords

International Competitions, Analogies, Metaphors, Analogical Matrices, Discourse Analysis, Speech Acts

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